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dimanche 19 décembre 2021

CONTEMPLER LES APPELS DE DIEU DANS LA CRÈCHE

Préparer la crèche, visiter celle de notre Paroisse, nous replonge dans le mystère de Noël, mystère d’un Dieu qui se fait Tout Petit Enfant pour venir à la rencontre des Hommes d’hier et d’aujourd’hui, pour accomplir la mission de Salut confiée par le Père.

Chacun des personnages de la Crèche se trouve à Bethléem en réponse à un appel de Dieu, et pour chacun cet appel s’est manifesté d’une manière particulière et a résulté en une mission unique.

La Vierge Marie est choisie par Dieu pour être la Mère de son Fils et c’est un Ange, un envoyé de Dieu, qui est chargé de lui transmettre cet appel. Même l’Ange a fait l’objet d’un choix particulier de Dieu pour cette mission, puisque nous connaissons son nom, Gabriel. 
L'Annonciation, crèche du Séminaire de Ségovie, Castille
La réponse de Marie n’est pas exempte de questionnement, mais lorsque cet appel personnel lui est confirmé par celui de sa cousine Élisabeth, alors elle jaillit : « Me voici ! ».

Pour Joseph, l’appel de Dieu nait d’abord de sa Foi, mais aussi de l’Amour humain qu’il porte à Marie, et qu’il pense trahi. Homme juste, il hésite, discerne, prend une décision où il essaie de concilier ces deux éléments, mais c’est finalement au moyen d’un songe que Joseph va comprendre ce que Dieu veut de lui et quelle est sa mission. Là encore, son appel fait écho à celui de Marie. Joseph recevra d’autres appels qui le conduiront à la crèche de Bethléem (le recensement), puis en Égypte, averti par un autre songe.

Le songe de Joseph, crèche paroissiale de Cuellar, Castille

Les bergers entendent eux aussi la voix de l’Ange, et se mettent en route, partageant joyeusement la nouvelle qu’ils viennent de recevoir.
L'Annonce aux bergers, crèche biblique de Valladolid, Castille

Les Mages, sans doute de grands savants de l’époque, savent déchiffrer le signe de l’étoile et partent ensemble pour adorer le Roi qui va naître.

Les Rois Mages, crèche du Séminaire de Ségovie, Castille
Certains personnages appelés par Dieu manquent néanmoins à la Crèche : Hérode et les scribes, qui pourtant connaissaient dans les Écritures les Prophéties concernant le Messie et ont reçu la confirmation des Mages, et l’Aubergiste de Bethléem, qui ouvre sa porte mais est trop occupé à ses affaires pour aller jusqu’au bout de l’appel de Dieu.

L'auberge, crèche biblique de Valladolid, Castille
Ce regard sur la Crèche nous enseigne beaucoup sur la façon dont Dieu appelle.

- L’appel résonne dans le silence du cœur, dans la solitude avec Dieu, et souvent dans la nuit. Ceux qui sont entourés de trop de bruits ou trop pris par leurs intérêts personnels ne l’accueillent pas, tels Hérode ou l’aubergiste, car chacun est libre de répondre aux appels de Dieu. Il frappe à la porte et Il attend…

- L'appel est toujours précédé d’une préparation, il demande une disposition intérieure, au cœur même des occupations habituelles : Marie vit toute tournée vers Dieu, Joseph est un déjà un homme juste, qui cherche à vivre sa Foi, les Mages et les bergers scrutent le ciel… L’Espérance les habite et ils font confiance, ce qui n’est pas le cas d’Hérode ou des scribes, qui ne sont mus que par la peur et le désir de préserver leur pouvoir, ni de l’aubergiste, qu’on peut penser pressé par les soucis de la vie et l’appât du gain.

- Même si l’appel est personnel, Dieu ne nous laisse pas seuls, il met sur notre route des frères et des sœurs qui peuvent nous écouter et nous aider à le comprendre et à l’accueillir. Il est bon que l’appel soit partagé, discerné et accompagné en Église. Par ailleurs, il est frappant de voir que ceux qui disent non restent, au fond, seuls, bien qu´étant entourés d’une nombreuse foule : c’est le cas pour Hérode, au milieu des richesses de son palais et de sa cour, et pour l’aubergiste, dans le brouhaha de ses clients...
Le roi Hérode, crèche biblique de Valladolid, Castille

L’appel de Dieu met en mouvement : Marie court vers Elisabeth, Joseph change ses projets de vie, les Mages prennent le chemin de Bethléem, les bergers quittent en hâte leurs pâturages. Et même si tous rentreront finalement chez eux, leur vie ne sera plus la même. La réponse à l’appel de Dieu change radicalement la vie. Seuls ceux qui ont dit non, Hérode, les scribes, l’aubergiste, restent sur place, leur vie inchangée.
La Visitation, crèche biblique de Valladolid, Castille

- Dieu peut nous appeler directement, mais il choisit souvent de le faire à travers des médiations (sa Parole, des évènements, certains signes, des personnes). Pour Marie et les bergers, c’est un Ange, pour Joseph un songe, pour les Mages, un signe dans le ciel, pour Hérode et les scribes c’est une Prophétie, puis le témoignage des Mages, pour l’aubergiste, quelques coups frappés à la porte… L’attention aux signes de Dieu dans la prière et dans la vie est essentielle pour entendre son appel.

- Le premier appel est souvent décisif et peut engager toute la vie, mais Dieu n’appelle pas une fois pour toutes, son appel se renouvelle et se renforce au gré des circonstances de la vie. Ainsi Joseph aura d’autres songes, les Mages avertis par Dieu, décident de ne pas repartir par le même chemin…


En Communauté, nous savons bien que l’appel de Dieu, qui a fait de nous les Sœurs de l’Enfant Jésus que nous sommes aujourd’hui, est un Don et un Mystère pour chacune et une source d’émerveillement au quotidien. Il n’est qu’à regarder la Communauté réunie pour se rendre compte de la diversité des origines, de l’âge, de la culture, des caractères ! Et pourtant, l’appel de Dieu nous a rendues profondément Sœurs, unies les unes aux autres par une même réponse d’Amour que chacune a donné personnellement et continue à donner chaque jour.

Crèche du Séminaire de Ségovie, Castille
Comme les personnages que nous contemplons dans la Crèche, Dieu continue à nous appeler, chacun, chacune. Il nous fait confiance et compte sur nous.  Saurons nous accueillir son appel, le partager, en vivre ? Voilà bien un vrai cadeau de Noël à demander au Tout-Petit de la Crèche.

La Fuite en Égypte, crèche du Séminaire de Ségovie, Castille

samedi 20 mars 2021

BIENHEUREUSE CASSE!

Grand fracas au réfectoire ! Notre vieux casier à bouteilles, après des années de bons et loyaux services, vient de rendre le dernier soupir, laissant notre pauvre Sœur, qui terminait tranquillement de mettre le couvert, les pieds dans l’eau, entourée de bris de verre, l’anse devenue inutile à la main, plutôt déconcertée d’avoir mis en œuvre, de façon fort involontaire, les mystérieuses paroles du Livre des Juges : « Ils sonnèrent du cor et brisèrent les cruches qu’ils tenaient à la main » Jg 7,19

Nous qui étions si fières d’avoir été bien en avance sur l’Encyclique du Pape François «Laudato Si» en réutilisant depuis des années nos bouteilles d’eau en verre !

Les dégâts réparés, la vie reprend, mais le manque de cet objet, apparemment si banal, se fait bientôt sentir. Voilà que l’absence de notre casier en plastique vient nous interroger… Avons-nous tenue pour acquise sa durabilité sans faille et avons-nous arrêté d’en prendre soin ? Avons-nous été attentives à déceler ses fissures et les signes avant-coureurs de sa rupture ? Avons-nous su apprécier son utilité au quotidien et en rendre grâce ?
Plus largement, comme le prophète qui « ne brise pas le roseau froissé et n’éteint pas la mèche qui faiblit », (Isaíe 42,3) qu’en est-il de notre sensibilité à ce, et surtout à CEUX qui nous entourent ? Savons-nous encore voir les services rendus au quotidien, dans la discrétion, et les remercier ? Savons-nous encore observer les signes de lassitude, écouter les paroles de détresse, prévenir les découragements de ceux qui nous sont proches ? Nous réjouissons-nous de leurs talents et de leurs joies ? Voilà un beau chemin de conversion pour ce temps de Carême…

Jésus dans l’Évangile sait poser sur les autres ce regard qui discerne leur grandeur dans la faiblesse, leur fragilité dans la force.
Le regard de Jésus sur le monde. Auteur inconnu,

Ainsi loue t’Il l’obole de la pauvre veuve : « Amen, je vous le dis : cette pauvre veuve a mis dans le Trésor plus que tous les autres » Mc 12,43

Il discerne les doutes et les interrogations de Nathanaël : « Quand tu étais sous le figuier, je t’ai vu » Jn 1,48

Il prévient et accueille la faiblesse de Pierre qui pourtant paraît être un roc : « Quand tu seras revenu, affermis tes frères » Lc 22,32

Il partage la joie toute simple de la femme retrouvant sa monnaie perdue : « Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé la pièce d’argent que j’avais perdue » Luc 14,9

Il offre un espace et un temps de repos au disciples fatigués : « Venez à l’écart, dans un endroit désert et reposez-vous un peu » Mc 6, 31, ou encore : « Venez manger » Jn 21, 12

Il nous invite à cultiver cet espace intérieur d’écoute et d’accueil où les autres peuvent venir se reposer, se ressourcer, se reconstruire, Il nous appelle à les porter par notre regard bienveillant, notre attention et notre prière.

Et voilà où nous élève notre cher vieux casier à bouteilles !

« Bienheureuse faute qui nous a valu un tel Rédempteur », entendrons-nous bientôt dans la liturgie de la nuit pascale.

Plus modestement, bienheureuse casse, qui pourrait nous donner un cœur plus sensible et un regard neuf !

jeudi 11 février 2021

SUIVRE LE CHRIST... PAR TOUS LES TEMPS!

« Et vous, la glace et la neige, bénissez le Seigneur !» (Dn 3,70)                            
Après la danse légère des flocons, si peu coutumière à nos hivers sarthois, la neige a pour un temps recouvert notre environnement et transformé nos paysages habituels. En silence (car la beauté ne fait pas de bruit), notre univers s’est pacifié, unifié par la blancheur de ce manteau immaculé.

        Dieu tonne à pleine voix : « Merveilles ! »
        Il opère de grandes choses que nous ignorons.
        Quand il dit à la neige : « Descends sur la terre ! » 
                                                                            (Job 37,6)
Au-delà de la joyeuse curiosité de nos jeunes Sœurs rwandaises qui découvrent ce «miracle» pour la première fois, au-delà des défis d’organisation pour notre Résidence-Service ou pour notre Lycée, ce cadeau du ciel, rare dans notre ville du Mans, nous invite au silence et à la contemplation.

Dans la Bible, le prophète Isaïe compare d’ailleurs le travail de la Parole de Dieu dans le cœur de l’homme à…
        …la pluie et la neige qui descendent des cieux
        et n’y retournent pas sans avoir abreuvé la terre,
        sans l’avoir fécondée et l’avoir fait germer… (Isaïe 55,10)
















Pour nous, Sœurs de l’Enfant Jésus, la neige d’aujourd’hui nous rappelle celle du 5 août 358, en plein été, (n’avons-nous pas été fondées un 5 août ?) lorsqu’une chute de neige sur le mont Esquilin à Rome inspira au Pape Libère la construction de la Basilique de Sainte Marie Majeure, qui abrite aujourd’hui les reliques de la mangeoire de l’Enfant Jésus de Bethléem. Impossible de pas y penser !

Comment ne pas évoquer la petite Thérèse de Lisieux, Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, qui demandait la neige à Jésus comme cadeau de Profession, le 24 juin 1888 et qui fut exaucée !


Comment oublier, en ce jour où nous fêtons Notre-Dame de Lourdes, la petite Bernadette agenouillée dans la neige en ce mois de février 1858, pour contempler « La Belle Dame » et prier pour la conversion des pécheurs.

        « Venez donc et discutons, dit le Seigneur.
        Si vos péchés sont rouges comme l’écarlate,
        ils deviendront blancs comme la neige » (Isaïe 1,18)
En ces temps ou la COVID 19 et ses terribles conséquences plongent le monde dans l’hiver de l’incertitude et de la douleur, la Vierge de Lourdes, sous la neige, nous invite à offrir la chaleur de notre prière et de notre solidarité à tant de malades, à tant de soignants qui luttent avec la plus grande abnégation (car le bien non plus ne fait pas de bruit), à tant de personnes qui souffrent et attendent un geste de partage, une main tendue.
Marcher dans la neige laisse des traces, qui bientôt s’effaceront. Quelles empreintes durables voulons-nous laisser dans ce monde qui attend de nous un authentique témoignage de notre appartenance au Christ ? Est-ce une coïncidence si Saint Jean-Paul II dans son exhortation « Vita Consacrata » du 25 mars 1996, en la fête de l’Annonciation, choisit justement comme référence pour notre Vie Consacrée l’Évangile de la Transfiguration, où les vêtements du Christ « devinrent blancs comme la neige » ? (Mt 28,3)

Les circonstances sont difficiles, mais si nous mettons nos pas dans ceux du Christ avec confiance, rien n’est impossible…
Alors, en temps de neige et en tous temps, « cherchons sa trace et son visage » (Didier Rimaud, Liturgie des Heures) et suivons-le sans crainte !

dimanche 5 janvier 2020

DES ROIS MAGES VENUS DU RWANDA...

Vous connaissez déjà la Crèche de notre Chapelle. Aujourd'hui, jour de l'Épiphanie, fête missionnaire,  nous vous proposons de contempler celle de la Communauté de la Maison Mère, qui nous vient tout droit du Rwanda.


Nous en profitons pour vous souhaiter à tous une BONNE ET SAINTE ANNÉE 2020!